Une bonne gestion sanitaire des bâtiments d’élevage
La pression sanitaire actuelle impose de rappeler la règle des 3 D dans les bâtiments vides : désinfection, désinsectisation, dératisation.
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« La désinfection s’avère nécessaire si l’éleveur a été confronté à un épisode pathologique (diarrhées néonatales, omphalites, coccidioses, paratuberculose…) », affirme Boris Boubet, docteur vétérinaire et directeur du groupement de défense sanitaire (GDS) de la Creuse. L’élevage des ruminants s’accompagne d’une colonisation du milieu par un microbisme très important : bactéries, virus, parasites.
Dans la plupart des cas, un équilibre immunitaire s’installe, limitant les pathologies au sein de l’exploitation. « Si cet équilibre a été rompu par la présence d’un agent pathogène particulier ou une dynamique de contamination trop importante, il convient de mettre en place des mesures de désinfection. L’objectif ne sera pas la «stérilisation» du bâtiment et des équipements (couloir, bétaillère…), illusoire dans un contexte d’élevage, mais de diminuer fortement la pression infectieuse », poursuit le spécialiste.
Méthode et rigueur
La désinfection ne s’arrête pas à la simple pulvérisation du désinfectant sur les surfaces. Elle demande méthode et rigueur et s’effectue en plusieurs étapes, dont un nettoyage du bâtiment et des abords, à réaliser le plus tôt possible après la sortie des animaux. Cela passe par le démontage et le nettoyage de tous les équipements amovibles, avec enlèvement des fumiers et autres matières organiques.
Les sols bétonnés, les zones autour des abreuvoirs, les cloisons des cases et les barrières seront lavés au nettoyeur à haute pression. Les bactéries ayant tendance à s’enkyster dans des biofilms, ce nettoyage sera encore plus efficace s’il est effectué avec un détergent et de l’eau chaude.
Le désinfectant sera, quant à lui, choisi en fonction des pathologies auxquelles l’élevage a été confronté pendant l’année, et l’application se fera à raison de 300 à 400 ml/m², en respectant strictement la dilution recommandée.
Pour les sols en terre battue, l’utilité de la désinfection est discutable, car dès que des animaux vont être réintroduits dans le bâtiment, le paillage va enfouir les éventuels agents pathogènes toujours présents. Les doses devront alors être augmentées. De la chaux vive éteinte peut également être utilisée, à raison de 500 kg/1 000 m².
Enfin, un vide sanitaire commence après la désinfection et prolonge l’action du désinfectant avec un assèchement du sol et du bâtiment. Tant qu’il y a de l’humidité, le microbisme n’est pas réduit au minimum et les éléments parasitaires sont infestants.
La durée minimale du vide sanitaire correspond au temps nécessaire pour assécher entièrement le bâtiment, soit en moyenne une quinzaine de jours. En réalisant la désinfection dès la mise au pré, le vide sanitaire est plus long et les bâtiments profitent au maximum de la rémanence d’action des produits et de l’effet des UV du soleil.
Plusieurs types de désinfectants sont disponibles. Un large spectre d’activité (bactéricide, fongicide et virucide), tout en présentant une action rapide avec une efficacité suffisante en présence de matières organiques, est recommandé. Les désinfectants spécifiques contre les éléments parasitaires (oocystes de coccidies et de cryptosporidies) sont peu nombreux.
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